La France, la laïcité, et les musulmans…

J’aime bien intégrer dans un raisonnement la dimension historique ; au fond, la philosophie c’est cela : raisonner sur l’histoire des hommes.

Je peux affirmer quelque chose : la France – et la civilisation occidentale en général – a une logique athéiste, qui consacre la laïcité parce qu’elle n’est pas totalitaire. Peu importe les raisons diverses de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en son temps, il convient de le dire aisément.

Il y a aussi des vérités comme cela, qui sont l’essence de la vie et auxquelles on ne peut pas y échapper : l’homme ne peut pas vivre sans  » idéologie « , en termes de structure de pensée, qui oblige à se positionner, à opter pour une logique de vie à laquelle on ne cessera de s’y conformer.
Pour simplifier le propos, si on ne vit pas en fonction de religion – par exemple, on vie à fortiori d’autre chose. La laïcité, dans ce sens, oblige la France, du fait qu’elle écarta ces religions de tout champ politique, à trouver un autre fil politique et idéologique qui tissera sa matrice citoyenne. Ce fil, explicite ou tacite, est l’athéisme.

Le détournement catégorique du christianisme a équivalu à sa mort dans les esprits et les cœurs des  » élites  » dirigeantes, du moins à sa relégation dans le domaine, on peut le dire, de  » l’imaginaire  » des individus et des foyers au même titre que les légendes, les fables, la littérature et les rêves, ou n’étant pas totalitaire, à une supposée foi…

Le christianisme s’est soumis à la loi de la république ; le christianisme s’est soumis à la laïcité…

Ainsi, comme je l’ai décrit dans mes précédents articles intitulés  » vous avez ce que vous méritez « , cet athéisme occidental rentrera inévitablement, dans un monde d’interdépendance et d’interéactivité humaines, en contradiction ou en conflit avec d’autres  » idéologies  » de vie, de société, de civilisation, dont la réponse contre-idéologique civilisée, et pacifique sera débordée par l’expression la plus réactive, la plus rapide, la plus catégorique, et la plus violente, je veux dire le terrorisme.

L’attentat de Charlie Hebdo reflète cela. Pour certains, les caricatures relèvent de la liberté d’expression  » dans le cadre athéiste  » préciserons-nous ici, alors que pour d’autres elles relèvent de l’injure, de l’offense, du blasphème, de l’atteinte condamnable au sacré, à la foi, ou d’une déclaration de guerre.
Ici, s’ouvre une nécessité de clarification sur ce qu’est, au juste, la liberté d’expression. Est-elle une  » valeur universelle  » comme dira la France ? : pas nécessairement : Je peux vivre dans ma foi et ne pas considérer la liberté d’expression totale et de  » blasphémer  » comme une valeur universelle et non condamnable.
Dans un prochain article, il serait bénéfique d’argumenter sur le fait que les valeurs occidentales dites universelles ne sont qu’une vision morale et philosophique des pays occidentaux et qu’elles ne sont en rien une vérité absolue. La volonté normative ou la recherche, la quête incessante et sans relâche de la normativité dans la droite lignée du cartésianisme en est l’origine.

Maintenant les choses semblent être plus claires.
La question du raisonnement qui suit est celle-là : puis-je vivre en tant que religieux dans une société laïque à tendance, ou pour être plus clair, à affirmation athéiste ?

Je dirais que l’  » intégriste « , ou le  » fondamentaliste « , au sens étymologique, respectable du terme et non terroriste, se doit de ne pas vivre en France et en Occident, et aller rejoindre  » la communauté « . Par exemple, le musulman doit vivre dans la Oumma, ou dans un pays, Etat, qui se veut islamique.
Le problème du  » port de la burqa  » dans l’espace publique français en est la révélation.
Pour les  » intégristes « , les  » fondamentalistes « , la foi prime sur la citoyenneté ( au sens républicain, car on peut être citoyen dans un Etat islamique ), ce qui les met dans une confrontation directe et verticale avec le principe de laïcité où c’est exactement l’inverse qui est dit : la primauté du citoyen sur la foi ; de plus, le port de la burqa est un acte politique catégorique et fort qui les met là aussi en contradiction avec le principe d’égalité entre la femme et l’homme.

Maintenant, si on est assimilé ou intégré, qu’on est laïque et républicain, la religiosité se trouve réduite à une application purement individualiste et privée. Est-ce le sens véritable et authentique d’une religion ?
L’Islam, en France, comme le fit le christianisme, doit se soumettre intégralement à la laïcité, et se faisant deviendra lui aussi en quelque sorte et pour être dans la provocation une  » religion de la clandestinité  » dans un espace de vie athéiste hostile et contradictoire avec elle. Nous mettrons cela sur le compte de la réalité réelle et de ses exigences ou contraintes, en parlant ainsi de la résistance d’autant plus grande du religieux dans un milieu hostile.

L’  » Islam de France  » sera l’islam du renoncement, comme le fut le christianisme, dans un espace géographique déterminé où la laïcité est la religion maîtresse. Accepter cela, pour vivre en conformité, ou s’exiler.

I.H.

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