» Après moi, le trop plein  » ou la peur de la réforme institutionnelle

On est tous d’accord sur un point : il faut vivre avec son temps.

Vivre avec son temps c’est être en phase avec son époque, un instant et soi-même. C’est être sûr d’être bien dans ses chaussures pour pouvoir avancer, quand bien même y aurait-il des difficultés. On affronte mieux la tempête quand on est prêt et bien équipé.

Le malaise qui existe maintenant depuis quelques années – une décennie – qui est plus une crise en l’occurrence de notre politique nationale, c’est que nos politiques et nos institutions ne sont plus en phases avec notre temps, c’est-à-dire le XXIe siècle ; nous avons changé de siècle, d’époque mais les institutions et nos politiques sont restés les mêmes.

Tout a changé. Il y a un domaine de référence où son évolution coïncide exactement avec celle du temps : la culture.

En musique, en littérature et en art en général, on y a vu une modernisation remarquable qui n’a pas demandé d’effort mais s’est faite naturellement. La technologie également est maîtresse en innovation avec l’avènement du 2.0 et de la nouvelle communication sans égale. Mais chez nous, en France, la politique est devenue un musée parfois physique mais surtout de mémoire et d’inconscient où l’on s’accroche à la grandeur passée craignant que l’avenir soit décevant ou décadent. Le manque de confiance terrible, la sous-estime de soi, crée un blocage où l’on sait ce que l’on a ou ce qu’il nous reste mais on a peur de ce qu’on sera.

Contrairement à un Matteo Renzi par exemple, d’un Tony Blair à son époque, ou encore d’un Bill Clinton – encore qu’eux aussi n’ont pas fait cette révolution – où une certaine décontraction, un certain naturel – sans cravate, chemise ouverte tenue que Hollande a eu tant de mal à porter à Camp David –  voire une désinvolture faisait ou font leur marque, leur griffe, Hollande pour soi-disant entrer dans la fonction – erreur de croire qu’il faut  » entrer  » dans la fonction – s’est soudainement cabré, a adopté un teint grave et solennel, et crut bon de surjouer la comédie de la présidence pour coïncider à l’image que l’on a dans nos mémoires.

De Gaulle disait  » après moi, le trop plein  » et il avait raison, mais on peut dire aisément que à partir de Giscard d’Estaing l’inadéquation des institutions de la Ve république et l’époque commençait à se faire sentir. Pompidou était en quelque sorte la prolongation des années De Gaulle. Mitterrand a participé à ce mirage car sa personnalité convenait très bien au  » gaullisme  » en terme institutionnel bien sûr, mais l’époque n’y correspondait déjà pas.

Alors la jeunesse au pouvoir comme les Cécile Duflot, les Macron,… pourra faire cette révolution des consciences et des institutions pour enfin que la politique en France ne soit plus une nostalgie fantomatique et perpétuelle mais bel et bien le miroir de nos sociétés modernes et contemporaines pour ne pas dire post-modernes.

La jeunesse au pouvoir ne veut pas dire forcément médiocrité. Bien évidemment le  » trop plein  » sera là, mais l’élite digne de ce nom et jeune sera aussi là pour faire la grandeur de la France de notre temps et différente de celle qu’on a connu.

I.H.

 

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